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Solidarité avec les journalistes arrêté-e-s en Turquie Appel pour leur libération immédiate

Nouvel article

samedi 11 juin 2022, par Maison Populaire de Genève

La liberté d’expression est plus que jamais menacée en Turquie. Les universitaires, les journalistes et les auteurs critiques font systématiquement l’objet d’arrestations, d’enquêtes pénales, de poursuites judiciaires, de manœuvres d’intimidation, de harcèlement et de censure. A cette stratégie s’est ajoutée l’arrestation récente de 21 journalist-e-s à Diyarbakir, laquelle envoie un message clair et inquiétant, avec de graves conséquences, pour la liberté de la presse. L’ampleur des arrestations et de la répression des médias par le gouvernement turc fait de la Turquie « la plus grande prison pour les journalistes », selon de nombreuses institutions et organisations internationales.

Le 8 juin 2022, la police a fait une descente aux domiciles de nombreux journalistes kurdes à Diyarbakir. Lors des raids, Serdar Altan, coprésident de la Dicle Fırat Journalists Association (DFG), Safiye Alagaş, directrice de JINNEWS, Gülşen Koçuk, rédactricer en cheffe de JINNEWS, Aziz Oruç, rédacteur en chef de Mesopotamia Agency (MA), Mehmet Ali Ertaş, le rédacteur en chef du journal Xwebûn et les journalistes Ömer Çelik, Suat Doğuhan, Ramazan Geciken, Esmer Tunç, Neşe Toprak, Zeynel Abidin Bulut, Mazlum Doğan Güler, Mehmet Şahin, Elif Üngür, İbrahim Koyuncu, Remziye Temel, Mehmet Yalçın, Abdurrahman Öncü, Feynaz Koçuk, Lezgin Akdeniz et Kadir Bayram ont été arrêté-e-s.

Six bureaux de journalistes ont été perquisitionnés et leurs équipements techniques ont été séquestrés. Sous prêtexte d’une ordonnance de confidentialité, rendue par le procureur chargé de l’instruction, les chefs d’accusation ne sont pas dévoilés.

Dans un environnement où les libertés et droits fondamentaux sont bafoués, le gouvernement et ses partisans continuent de prendre pour cible les journalistes et d’inciter les agressions physiques, accompagnées d’une politique d’impunité. Le maintien en détention des journalistes avec des accusations arbitraires sont des atteintes aux droits fondamentaux, indispensables dans une démocratie.

La Turquie demeure un pays extrêmement répressif pour la presse. Les autorités et les tribunaux turcs assimilent systématiquement le journalisme critique à une activité terroriste criminelle. Cette approche et les procédés utilisés ont également suscité de nombreuses critiques de la part des organisations internationales telles que l’ONU, le Conseil de l’Europe et l’UE, RSF et Amnesty International.[4] La Turquie se retrouve à la 149e place sur 180 dans le dernier Classement mondial de la liberté de la presse, établi par RSF[5] et, à la fin du mois de mai, 60 journalistes étaient toujours en prison[6].

De plus, le gouvernement crée une nouvelle « couverture juridique » pour faire renforcer la répression et la censure visant les médias. Le nouveau projet de loi sur « la désinformation et la fausse information » prévoit une peine de prison allant jusqu’à trois ans pour « celui/celle qui a l’intention de mettre en danger la sécurité ou l’ordre publics du pays ». Les définitions données pour la « désinformation » et l’« intention » sont tellement larges et vagues que les journalistes et des millions d’internautes en Turquie sont menacé-e-s de poursuites pénales par le simple fait d’avoir partagé des informations désapprouvées par le gouvernement. Cette loi peut servir comme outil d’intimidation des journalistes et des groupes d’opposition, elle risque aussi de généraliser l’autocensure.

Dans ce contexte, nous, les soussigné·e·s, exigeons la fin de la persécution des journalistes en Turquie, leur libération immédiate, l’abandon de toutes les poursuites pénales, la mise en place de garanties efficaces en faveur de la liberté d’expression et de la presse, le respect du principe de la séparation des pouvoirs, en particulier l’indépendance totale du pouvoir judiciaire, l’abrogation de la législation antiterreur du pays, le respect des libertés fondamentales et des principes démocratiques comme prérequis d’un État de droit.

Nous invitons la Turquie à respecter les conventions internationales relatives aux droits humains qu’elle a signées.

Solidarité avec les journalistes arrêté.e.s !

Pour signer cet appel, veuillez contacter l’adresse suivante :

journalistesolidarite@gmail.com

(Profession / Organisation, Nom, Pays)

ou utilisez le formulaire :

https://form.jotform.com/221605337173047

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[1] Venice Commission of the European Council : https://venice.coe.int/webforms/documents/ ?pdf=CDL-AD(2017)007-f , United Nations : https://www.ohchr.org/en/countries/turkiye (Consulté le 09.06.2022) [2] Reporters without borders : https://rsf.org/fr/pays/turquie (Cons. 09.06.2022) [3] DFG’s report : https://diclefiratgazeteciler.org, and the reports and press releases by IPI : https://freeturkeyjournalists.ipi.media (Cons. 09.06.2022) [4] Commission de Venise du Conseil de l’Europe : https://venice.coe.int/webforms/documents/ ?pdf=CDL-AD(2017)007-f , Nations Unies : https://www.ohchr.org/en/countries/turkiye (Consulté le 09.06.2022) [5] Reporters Sans Frontières : https://rsf.org/fr/pays/turquie (Cons. 09.06.2022) [6] Le rapport de DFG : https://diclefiratgazeteciler.org, et les rapports et des communiqués de presse d’IPI : https://freeturkeyjournalists.ipi.media (Cons. 09.06.2022)

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