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TURQUIE • Dix mille personnes sont en grève de la faim contre l’isolement d’Öcalan.

« Des décès sont à craindre »

samedi 17 novembre 2012, par Maison Populaire de Genève


La grève de la faim des prisonniers kurdes en Turquie entre dans une phase dramatique. Depuis le 12 septembre, ils réclament de cette façon la fin de l’isolement imposé à leur leader Abdullah Öcalan et le droit de se défendre en langue kurde. Longtemps inflexible, le gouvernement turc a promis mardi de modifier la loi sur ce dernier point à condition que cesse le jeûne. Mais la mesure a été jugée insuffisante par le mouvement, qui touche aujourd’hui quelque 10 ?000 grévistes, dont 400 seraient déjà gravement touchés dans leur santé !

Mercredi, c’était au tour de la députée Leyla Zana, figure emblématique de la lutte des Kurdes, de rejoindre la grève de la faim illimitée, selon l’AFP. L’élue, lauréate en 1995 du Prix Sakharov des droits humains, a passé une décennie en prison (1994-2004) avec trois autres anciens députés kurdes. Avant Mme Zana, cinq autres actuels députés, membres du Parti pour la paix et la démocratie (BDP, gauche fédéraliste), avaient cessé de s’alimenter.

Le dépôt par Ankara d’un projet de loi autorisant les Kurdes à utiliser leur langue maternelle devant les tribunaux n’est donc pas parvenu à endiguer la propagation du mouvement. En premier lieu, les militants réclament la fin de l’isolement imposé au chef historique du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) Abdullah Öcalan.

« Il est à craindre que l’on assiste bientôt aux premiers décès », s’inquiète Mehmet Ilkan, président à Genève du Centre kurde des droits humains. Avec d’autres militants, il a apporté à fin octobre son soutien au mouvement des détenus en cessant de s’alimenter durant quelques jours.

La semaine dernière, un groupe d’une dizaine d’intellectuels et de militants turcs ou kurdes prenait le relais sur la place des Nations. Mustafa Kaya, réfugié à Genève depuis vingt ans, en faisait partie. Pour lui, rien ne peut justifier l’isolement infligé depuis une année à Abdullah Öcalan. Le chef du PKK purge depuis 1999 une peine de prison à vie sur une île proche d’Istanbul. « Au début, ils disaient que le bateau était tombé en panne, c’est dire leur mépris ! », se révolte le militant.

M. Kaya pointe le désespoir d’une population kurde de Turquie qui ne voit pas avancer sa cause, alors qu’« en Irak et bientôt en Syrie, les Kurdes sont autonomes ». L’incapacité du gouvernement à tenir ses promesses et la répression féroce auraient pour effet de renforcer la guérilla et d’éloigner l’espoir d’un processus pacifique et politique. En ce sens, la grève s’apparenterait à un « tout pour le tout », admet-il.

SAMEDI 17 NOVEMBRE 2012

Benito Perez

http://www.lecourrier.ch/103521/des_deces_sont_a_craindre


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