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Le bilan des droits de l’Homme en Turquie durant les huit ans de l’AKP

samedi 23 octobre 2010, par Maison Populaire de Genève

Selon les rapports établis par les organisations de défense des droits humains, durant les huit ans de gouvernement de l’AKP, 282 personnes ont été victimes de meurtres commis par des auteurs inconnus, 2 262 personnes ont perdu la vie dans les conflits, 8 710 personnes ont été torturées, 87 513 personnes ont été placées en garde à vue, dont 11 034 ont été inculpées et incarcérées, 232 partis et associations ont été interdits ou ont fait l’objet d’une procédure d’interdiction.

L’AKP qui s’est assigné le rôle d’ « apôtre de la démocratie » et n’a cessé de le marteler en tout lieu, prétend avoir mis un terme aux violations des droits humains depuis son arrivée au pouvoir en 2002. A l’occasion de sa visite dans la province de Hakkari suite à l’explosion d’une mine qui avait causé la mort de 9 passagers d’un bus le 16 septembre, le ministre de l’intérieur Beşir Atalay avait prétendu que l’AKP était la « clef de la démocratie ». A l’appui de cette assertion, il avait tenu les propos suivants : « Il n’y a plus de torture ou de mauvais traitements en Turquie. Les gens qui vivent ici sont les mieux placés pour le savoir. Les habitants de cette province savent mieux que quiconque ce que cela veut dire. Nous ne permettrons pas aux fonctionnaires qui créent des ennuis et qui se conduisent mal avec nos citoyens de se maintenir à leur poste. Nous avons une position ferme à cet égard. Nous allons protéger chacun de nos citoyens. Chacun de nos citoyens est notre âme et notre chair. Nous sommes au service de nos citoyens en tout lieu et sans discrimination. Les principes de l’AKP interdisent toute distinction entre les citoyens. Nous avons créé le parti AKP dans l’objectif de combler le déficit démocratique de la Turquie. Nous avons opposé une tolérance zéro à la torture. Les violations des droits humains vont être éradiquées. Il n’y aura plus d’exécution extrajudiciaire ni de meurtre d’auteur inconnu. Peu après notre arrivée au pouvoir en 2002, nous avons supprimé l’état d’exception. Au début de l’année 2003, nous avons également supprimé les Cours de sûreté de l’Etat qui étaient une manifestation de l’état d’exception. Depuis, la Turquie a adopté de grandes réformes démocratiques qui nous ont fait avancer pas à pas. »

Cependant, les rapports des organisations des droits humains établis durant les huit années de gouvernement de l’AKP sont de nature à contredire ces propos. Entre 2002 et 2009, il y a eu 282 meurtres d’auteur inconnu et 589 personnes ont été victimes d’exécutions extrajudiciaires ou ont perdu la vie suite à la torture, à une garde à vue ou à l’agression de gardiens de village. 8 710 personnes ont été torturées, 87 513 ont été placées en garde à vue et 11 034 ont été inculpées et incarcérées. Par ailleurs, 232 partis ou associations ont été interdits ou ont fait l’objet d’une procédure d’interdiction. On compte également 627 organisations, parti politiques, agences de presse et associations culturelles dont les sièges ont été perquisitionnés ou saccagés, ainsi que 671 publications interdites ou censurées.

On a battu le record de violation des droits humains

Selon les rapports, en 2002, année de l’arrivée au pouvoir de l’AKP, il y a eu 75 meurtres d’auteur inconnu. Au cours de cette même année, 24 personnes ont perdu la vie et 13 autres ont été blessées suite à une sommation de s’arrêter, à une balle tirée au hasard ou en raison de la contravention au permis de port d’arme. 2 personnes ont été tuées et trois ont été blessées par les forces de l’ordre au cours de manifestations. 8 personnes ont été tuées et 9 autres ont été blessées par les gardiens de village. 35 personnes ont perdu la vie et 72 autres ont été blessées suite à des explosions de mines ou de bombes. 30 personnes ont été tuées et 4 ont été blessées dans les combats armés. 48 personnes ont été blessées dans les attaques contre les lycéens et étudiants. 28 personnes ont été blessées suite à des attaques contre les journalistes. 3 personnes ont été tuées et 79 autres blessées dans des attaques contre des dirigeants et membres de syndicats. 2 personnes ont disparu et 5 autres ont été tuées en garde à vue. 632 personnes ont subi des tortures et des mauvais traitements en garde à vue. 94 personnes ont été menacées et ont fait l’objet de pressions destinées à les forcer à collaborer avec les autorités. 124 personnes ont été inculpées et incarcérées pour appartenance ou soutien à une organisation illégale. 393 membres du HADEP et 200 journalistes ont été incarcérés. 31 personnes ont été blessées suite à des attaques contre les prisons. 159 prisonniers ont été empêchés de recevoir des soins et 21 sont morts suite à des jeûnes de la mort et des grèves de la faim. 108 chaînes de radio et de télévision ont été condamnées à des arrêts d’émission de 3 220 jours au total. 2 chaînes de radio ont été interdites. 10 journaux et revues ont été interdits pendant 78 jours au total. 7 ONG ont été dissoutes. 2 498 personnes poursuivies en raison de leurs opinions ont été condamnées à un total de 6 155 années de prison et 108 milliards TL d’amende. 980 étudiants ont été interdits de cours pendant 1 semaine à 1 an et 104 autres ont été expulsés pour avoir revendiqué l’enseignement dans la langue maternelle.

Les tortures et mauvais traitements ont augmenté de 100%

Après 2002, les violations des droits humains sont allées en augmentant. Alors que le nombre de personnes victimes d’exécutions extrajudiciaires ou tuées en garde à vue était de 40, il est monté à 130 en 2006 et à 108 en 2009. De même, le nombre de personnes tuées dans les combats armés a augmenté du fait de l’obstination de l’AKP à vouloir résoudre le problème kurde par la guerre. Alors que le nombre de personnes tuées dans les combats armés était de 30 au cours de l’année 2002, il est monté à 104 en 2003, 240 en 2004, 496 en 2005, 345 en 2006, 424 en 2007 et 432 en 2008. Par ailleurs, on n’a pas observé de diminution des cas de torture et de mauvais traitement : Alors qu’en 2003, on comptait 876 cas de torture, ce nombre est monté à 1 202 en 2004, 1040 en 2005, 1 546 en 2008 et 1 835 en 2009. On a observé la même augmentation dans les gardes à vue et les incarcérations : 1 148 personnes incarcérées en 2002, 1 196 en 2003, 1 545 en 2006 et 2 387 en 2008. (www.kurdish-info.eu)


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