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SERDAR SOYERGIN

26.10.1980 - Adana- La nuit, 4h00

mardi 25 octobre 2005, par Maison Populaire de Genève

Explique aux gens ceci : Je pars jouer aux billes. Je n’éprouve pas le besoin de regarder en arrière. Parce qu’il n y a rien dans mon passé que je puisse regretter. Si je reviens au monde, je choisirai cette même mission et cette même personnalité. J’aurais voulu revivre ces moments merveilleux. Raconte ça à mes compagnons ! Qu’ils le sachent ainsi ! Je te laisse ça -aujourd’hui, ce n’est pas possible, je le sais- demain ou bien un autre jour, même s’il ne reste que mes os, je voudrais aller auprès des personnes dont j’ai partagé les opinions et pour lesquelles j’ai risqué ma vie. Je ne veux pas cela de l’Etat ! Le moment propice venu enterrez mes os à côté de Mahir Cayan !

Ce fut son dernier souhait. (…) Il scandait les slogans suivants : "Vive le socialisme ! " "Mahir, Hüseyin Ulas, guerre jusqu’à la libération !" Mais on entendait en même temps le bruit des coups de poings et des matraques. Lorsque Serdar monta sur la potence, il cria pour la dernière fois les paroles du Che :

« D’où et qu’importe comment elle vient, la mort Si nos slogans de guerre murmurent d’oreilles en oreilles Et que nos armes changent de mains Que d’autres scandent des complaintes avec le bruit des mitrailleuses Des cris de guerre et de victoire Lors de notre enterrement Alors la mort est la bienvenue »

Après s’être mis la corde au cou, il poussa la chaise avec son pied. De nombreuses femmes qui avaient été amenées quelque mois auparavant suite à une manifestation au quartier Kiremithane observaient l’exécution de Serdar depuis la cellule réservée aux femmes.

Après les slogans, des nuages de fumée s’élevaient de la fenêtre. Les duvets avaient été brûlés et jetés dans la cour, par la fenêtre. Serdar est resté longuement pendu à la corde. Il y avait encore des traces de vie. Le capitaine Agah s’est accroché à ses jambes pour y mettre fin. Les jambes de Serdar se sont allongées. Le capitaine s’est accroché à plusieurs reprises jusqu’à ce que les jambes gonflées cessent de bouger…

26.10.1980 - Adana La nuit, 4h00


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