Association Maison Populaire de Genève

Accueil du site > La Peine de mort > ALI AKTAS

ALI AKTAS

Ali AKTAS est né le 23 janvier 1956 Il a été pendu le 23 janvier 1983 à Adana, le matin à 7h02

dimanche 23 janvier 2005, par Maison Populaire de Genève

(…) Il n’est pas nécessaire que tu te fasses de la peine pour moi. Je ne regrette pas ce que j’ai fait. Et je ne me culpabilise pas le moins du monde parce que je suis ici. Tout ce que j’ai fait, c’est parce que je pensais que cela était juste. Mais je suis tombé pour une raison dont je suis innocent.

Malgré cela, les juges m’ont condamné à la peine que toi et les autres n’ignoraient pas. Ils en ont décidé ainsi car ils savent que j’ai défendu les intérêts du peuple et que je lutterai toujours pour cette cause. Mais je ne le regretterai jamais. Je suis toujours disposé à mourir pour ce qui est juste et que je crois être juste, pour ce qui est dans l’intérêt de mon peuple. Ainsi, pour moi l’important est de faire ce qui est juste et cela quelles que soient les difficultés.

" J’ai un dernier vœux" " Je ne veux rien de ce système" a-t-il ajouté avant de mourir La cour était jaune et la mort était obscure sous les rayons d’ampoules. Sur le Mont Toros, un hiver brillant et nu habillait de ses neiges, comme un habit, le ciel. Il avait sur les bottes son habit unique, celui que l’on est contraint de mettre en prison. Ses mains étaient menottées sous son tablier blanc. C’est ainsi qu’il marcha. Il monta sur la chaise en passant entre les gardiens et les soldats ; avec sa voix rauque, il scanda :

"J’ai lutté pour le bonheur des humains et je meurs pour leur bonheur !.."

"A bas la dictature fasciste"

"Vive la révolution"

"Vive le socialisme… !"

C’est tout ce qu’il avait à dire

Ensuite il tendit sa tête vers la corde

Une fois de plus, l’état n’avait pas trouvé de sale gitan à Adana, selon ses propres termes.

Comme avec Mustafa OZENC, c’est le gardien mehmet Selçuk qui empoigna la corde et la mis au cou d’Ali.

C’était le moment le plus conscient et le plus courageux d’un révolutionnaire. Il a donné un coup de pied à chaise avant qu’ils ne puissent réagir. La corde s’allongea et la potence grinça.

Il n y avait que ce bruit dans la cour silencieuse. Cukurova, Adana, et Iskenderun s’étaient tues. Le village Höyük s’était tu. Ali allait et venait comme un collier au bout d’une corde. Les murs de la prison, le Toros et le ciel restèrent ainsi contemplatifs.

Ali AKTAS est né le 23 janvier 1956

Il a été pendu le 23 janvier 1983 à Adana, le matin à 7h02


Suivre la vie du site RSS 2.0 | contact | liens | plan du site | espace privé | SPIP